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arqiva studioARQIVA ET L’AVENIR DE LA RADIODIFFUSION

Mark Cronin, Directeur du développement stratégique d’Arqiva, nous explique comment il voit l’avenir de la radiodiffusion

Basée au Royaume-Uni, Arqiva assure des services de gestion et de distribution mondiale de contenus en Europe et aux Etats-Unis pour lesquels elle achète d’importants volumes de capacité à Eutelsat. VIA est allé à la rencontre de son Directeur du développement stratégique, Marc Cronin, pour avoir sa vision de l’état du marché de la diffusion et lui demander où vont se situer, à son avis, les grands enjeux de demain.

VIA : Comment le marché de la radiodiffusion a-t-il évolué récemment ?
Mark Cronin : Le marché de la diffusion a connu de nombreux changements ces dernières années, mais je dirais que la dynamique actuelle du secteur est déterminée par quatre grandes évolutions. Tout d'abord, il y a eu une augmentation du nombre de chaînes ultraspécialisées. Ensuite, le passage au numérique a entraîné la multiplication des plates-formes de diffusion directe. Troisièmement, les diffuseurs ont trouvé de nouveaux moyens de maximiser les recettes de la télévision. Et enfin, la négociation des droits est devenue plus compliquée en raison du plus grand nombre de plates-formes.

VIA : Pourquoi les chaînes ultraspécialisées se sont-elles développées aussi vite ?
Mark Cronin : Les chaînes ultraspécialisées ciblent des marchés très circonscrits, par exemple les chaînes de films ou de téléachat, ou des sujets précis, comme RUSH HD ou URBAN TV. Le développement rapide de ces chaînes s'explique par la baisse considérable des coûts afférents au lancement et à l'exploitation d'une chaîne TV, qui fait que cibler un marché spécifique est devenu économiquement viable. La capacité à distribuer et remanier du contenu au niveau international à moindre coût permet d'élargir le marché ciblé. Les annonceurs aiment les chaînes ultraspécialisées, car elles leur permettent de s’adresser à des publics très particuliers plus efficacement.

VIA : A quoi attribuez-vous la multiplication des plates-formes de diffusion directe ?
Mark Cronin : Avec le numérique, et aussi parce que l'offre de capacité satellitaire a augmenté, le coût du lancement d'une plate-forme ou d'une chaîne TV a beaucoup diminué, et par conséquent il faut moins d'abonnés pour la rendre rentable. Par ailleurs, les gens savent beaucoup mieux comment faire aujourd'hui pour lancer une plate-forme ou une chaîne qui a des chances de réussir. Arqiva a publié un guide pratique sur le lancement d'une chaîne TV, et ce genre d'initiatives facilite les choses pour les radiodiffuseurs néophytes. Ces dernières années, le marché de la diffusion directe a été particulièrement porteur dans les économies émergentes comme celles d'Europe centrale et orientale, où il existe une forte demande de contenus. Plus il y a de plates-formes de diffusion directe, plus les chaînes TV ont de possibilités d’engranger des recettes. Un grand nombre de chaînes de télévision ont donc redéfini leur contenu pour tirer parti des nouvelles plates-formes lancées sur les nouveaux marchés.

VIA : Comment les radiodiffuseurs font-ils évoluer leurs modèles économiques ?
Mark Cronin : En plus des modèles habituels basés sur la télévision de service public et la publicité télévisée, les diffuseurs se tournent de plus en plus vers de nouvelles stratégies pour réaliser des bénéfices. Je veux parler de la télévision sur abonnement, qui existe déjà depuis un certain temps, mais aussi de la « call TV », où les téléspectateurs peuvent voter par téléphone ou SMS, ou encore de la télévision interactive qui permet de jouer à des jeux interactifs sur le téléviseur. Le téléspectateur joue contre un ordinateur ou participe à un jeu collectif du type bingo ou poker. Enfin, les services de vidéo à la demande permettent aux téléspectateurs de télécharger du contenu sur leur enregistreur vidéo personnel afin de regarder une émission ou un film au moment où on le souhaite, satisfaisant ainsi aux exigences croissantes d’une culture de l’instantanéité.

VIA : Quels problèmes posent les négociations des droits à vos yeux ?
Mark Cronin : Les négociations des droits sont devenues plus complexes pour les fournisseurs de contenu du fait de l’augmentation du nombre de plates-formes de diffusion directe et du développement des plates-formes médias alternatives comme l’iPlayer de la BBC.

VIA: Quels sont les principaux enjeux de demain ?
Mark Cronin : L’avenir de la télévision va se jouer sur son intégration au monde des télécommunications afin de coller à la nouvelle culture de consommation de contenu où le client veut pouvoir recevoir du contenu n’importe où et à tout moment. Les décodeurs de type « box » qui permettent de recevoir la télévision par l’ADSL vont finir par arriver dans le salon, et les diffuseurs doivent anticiper cette évolution. Internet permet au public d’obtenir ce qu’il veut quand il veut, et cette attente commence à gagner la sphère télévisuelle. Les diffuseurs ont une réelle occasion de satisfaire cette demande et de fournir un meilleur service en maintenant et en améliorant l’expérience télévisuelle familiale. Cela nécessitera d’inventer des services TV hybrides qui fonctionneront en symbiose avec l’ADSL et la télévision sur IP.
Un autre enjeu sera d’assurer la bonne gestion du secteur spatial. Il est important de veiller à ce que la capacité satellitaire soit utilisée convenablement sans devenir fragmentée, ce qui diminuerait son efficacité.

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